Homélies de M. Hermel Lahey, curé

Funérailles de Arianne et Olivier Chamberland 30 janvier 2008

 

Homélie

 

Chers amis, ça fait 35 ans que je suis prêtre et je puis vous dire que les funérailles que je célèbre avec vous aujourd’hui sont très difficiles pour moi. Comme vous cet avant-midi je suis très ému et me sens bien démuni et bien petit. Je demande donc à Dieu, à Arianne et à Olivier de m’aider à trouver des mots qui puissent vous apporter de la paix et de l’espérance.

 

La première chose que j’ai le goût de vous dire c’est que personne, absolument personne ne doit se sentir coupable de ce qui est arrivé. Pour moi, l’évènement qui s’est produit il y a un peu plus d’une semaine, c’est un accident de la vie. Ken, avec ta famille tu t’es retrouvé au mauvais endroit à la mauvaise heure. J’insiste auprès du Seigneur afin qu’il enlève tout sentiment de culpabilité qui puisse exister à l’intérieur de toi ou de toutes autres personnes proches de toi.

 

Une deuxième chose que je pense importante de mentionner, c’est de vous inviter vous tous et toutes qui êtes emprisonnés par la peine de partager ce qui vous habite avec des personnes en qui vous avez confiance. Quand on garde des réalités dures à porter pour soi tout seul on se détruit. En les partageant on met comme des pansements sur les blessures qui nous font mal.

 

Dans ce sens, je veux vous partager le témoignage d’un père qui a perdu son petit garçon à l’âge de trois ans.

 

Il écrit ceci :

 

Le décès de mon petit bonhomme de trois ans fut l’explosion d’innombrables émotions. La perte de cet enfant sans malice, plein d’amour et de douceur, laissa là une partie de mon cœur, de mon corps et de ma tête. Ce fut l’impuissance, la culpabilité, la colère, la haine, le tourment continuel et doucement, très doucement, la compréhension du deuil. Les périodes de paix intérieure ont refait surface lentement et périodiquement, un peu plus longue à chaque fois.
Le fait de voir la famille, de rencontrer des gens, d’en parler de plus en plus et, de donner à mon autre enfant l’attention dont elle avait besoin m’ont permis de prendre conscience que la roue continuait de tourner. Les rechutes sont aussi douloureuses mais plus sereines.
Je m’imagine souvent son beau sourire, ses yeux charmeurs…je me dis qu’ils sont heureux ceux qui peuvent bénéficier de sa présence, et qu’un jour je remettrai mon nez dans son cou et le couvrirai de baisers comme c’était si bon de le faire.
A tous ceux et celles qui ont perdu un être cher, je peux vous dire que ce ne sera jamais facile, que jamais on ne les oublie, que toujours on les aime et soyez certain que leur désir le plus chers est de ne plus vous voir pleurer et malheureux…

 

Je m’adresse maintenant à tous les jeunes qui sont avec nous aujourd’hui, à vous tous et toutes qui êtes les ami(e)s d’Arianne et d’Olivier. Je vous invite à bien profiter de votre vie en aimant, en partageant, en vous entraidant car c’est de cette façon que nous trouvons le bonheur et la joie. N’oubliez pas aussi de dire à vos parents combien vous les aimez, combien ils sont importants pour vous. N’ayez pas peur de les embrasser pour leur dire votre amour et votre attachement.

 

Enfin, à vous tous et toutes qui êtes là je vous demande de continuer à porter à l’intérieur de votre cœur dans les semaines et les mois qui viennent Nancy, Ken, Alice et les autres proches de la famille. Si l’occasion se présente n’ayez pas peur de leur dire une bonne parole, de poser un geste d’amitié car souvent après que la célébration des funérailles est terminée les personnes se retrouvent bien seules avec leur peine et leur mal à l’intérieur.

 

En terminant, à vous tous et toutes qui avez da la peine, n’oubliez ceci. Notre présence auprès de vous, est le signe d’une autre présence, celle de quelqu’un d’autre qui marche avec vous. C’est celui-la même qui vous disait il y a un instant :

 

Si tu traverses les ravins de la mort, ne crains pas…
Je serai toujours avec toi…
Mon amour pour toi ne s’en ira jamais…

 

C’est encore lui qui nous assurait qu’Arianne et Olivier sont auprès de lui dans la paix tout en continuant d’être proche de vous.

 

Celui ou celle qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux.

 

Oui, Arianne et Olivier sont grand aujourd’hui auprès du Seigneur.

 

Que le Seigneur que nous allons rencontrer dans son repas réchauffe nos cœurs, nous apporte les forces dont nous avons besoin, augmente notre espérance et notre amour.

 

Amen.

 

 

 

 

 

 

Chers amis, pour saisir le message de cette grande fête de Pâques qui nous rassemble ce matin, j’ai essayé de m’imaginer tout ce qui habitait le cœur de Marie Madeleine, de Pierre et de Jean, les premiers témoins de la résurrection de Jésus. Parce que cette réflexion m’a apporté de la lumière, je veux la partager avec vous pendant quelques instants.

Comme beaucoup de gens de l’époque, Marie Madeleine, Pierre et Jean avaient cru en Jésus. Ils avaient pensé qu’il serait le grand prophète, le Messie. Ces gens, pour la plupart étaient des pauvres qui avaient entendu avec grand plaisir Jésus proclamé : Heureux les pauvres, le royaume des cieux est à vous. Heureux, vous qui pleurez, vous serez consolés… Ils avaient fait des rêves, de grands rêves. C’était le début d’un temps nouveau comme le dit la chanson.

Ce matin-là, ils étaient déçus, terriblement déçus. Le supposé Messie n’était plus. Les Juifs l’avaient tué. Ca voulait dire que rien ne changerait. Pilate s’imposerait avec encore plus de mépris. Pendant le procès de Jésus, lui et Hérode était devenu des amis. Ça voulait dire qu’Hérode serait son homme de main. La religion, dans les mains de ces hommes écraserait encore plus le pauvre monde de toutes les façons. L’essentiel que Jésus avait enseigné: l’amour de Dieu et l’amour des humains entre eux serait sans doute vite oublié. C’est probablement à cela que pensaient Marie Madeleine et les deux apôtres en courant vers le tombeau vide. L’autre disciple, Jean, entra dans le tombeau et par une grâce spéciale, il vit et il crut. Il fut rempli d’une certitude. Rien n’était fini, malgré les apparences, c’était vraiment le début d’un temps nouveau.

Ces premiers témoins ont tiré la vraie leçon du tombeau vide. Les paroles que Jésus avait prononcées, les gestes qu’il avait posés étaient vrais. C’était vrai que Dieu est un Père comme le père de l’enfant prodigue qui pardonne, qui donne du temps au figuier lent à produire des fruits, qui dit à la femme adultère comme aux pécheurs que nous sommes : Je ne te condamne pas, lève-toi, reprend toi en main, tu peux devenir meilleur… C’était vrai, Dieu avait envoyé dans le monde son Fils pour le sauver, pour établir un monde nouveau, un royaume de paix et d’amour. Hérode, Pilate n’auraient pas le dernier mot, eux, ils passeraient, Jésus, lui ne passerait jamais.

Comme Marie Madeleine et les deux apôtres, nous pouvons nous aussi être parfois déçus. Déçus de Jésus, de l’Église, de la religion. On peut avoir l’impression de s’être trompé. Des proches, des voisins ne nous disent-ils pas : Vous croyez encore à cela vous autres! Avons-nous raison de tenir, de venir ici pour fêter Pâques, d’essayer d’être fidèles dans nos engagements, de chercher à aimer toujours davantage? Est-ce que ça ne serait pas plus facile de tout laisser tomber, de profiter de la vie au maximum en oubliant tous les enseignements de Jésus?

Alors, regardons nous aussi le tombeau vide en demandant au Seigneur de nous donner la grâce de Jean, c’est-à-dire de voir, de croire et de découvrir des signes de résurrection même à travers tout ce qui est laid dans l’Église et le monde.

Dans notre Église par exemple, un nouveau Pape a été élu. À chaque jour, ce Pape François nous cause des surprises à travers des gestes pleins de simplicité. Le Pape qui était un personnage intouchable est celui qui maintenant se laisse toucher, qui embrasse et se laisse embrasser. En quelques mois, il a déjà enlevé, à la grande surprise de certains cardinaux, un décorum qui caractérisait le Pape. N’est-il pas semblable à Jésus qui est venu nous révéler que Dieu n’est pas le Tout Autre, mais un Père qui est tout près de nous? Tous ces petits gestes ne sont-ils pas les signes de d’autres transformations beaucoup plus profondes qui s’en viennent et dont notre Église a tellement besoin?

Dans notre Secteur pastoral actuellement nous travaillons pour revitaliser nos communautés. Déjà trois paroisses sur cinq ont identifié des personnes qui pourraient devenir la personne responsable de la pastorale dans ces paroisses. Ceci selon moi, annonce un renouvellement, une résurrection.

Pour moi, Jésus ressuscité est vivant là où il y a de l’amour, de la tendresse, de la bonté et de l’ouverture de cœur. Il est là où des hommes, des femmes et des enfants se donnent la main pour construire un monde meilleur, pour travailler ensemble afin que nos villages ne meurent pas mais revivre grâce à toutes sortes d’initiatives.

Alors, réjouissons-nous! Chantons la vie et l’amour! Chantons le Christ ressuscité!

Joyeuses Pâques à chacune et chacun de vous!

Hermel Lahey, ptre
Le 5 avril 2015

 

LE 19 MARS 2015
JOSEPH : GRAND COLLABORATEUR DE DIEU
HOMÉLIE

La fête de St-Joseph tombe toujours pendant le temps du Carême. C’est heureux qu’il en soit ainsi parce que St-Joseph demeure une figure importante dans l’histoire de notre foi, dans la grande histoire de l’Alliance entre Dieu et nous, la grande histoire de la bienveillance de Dieu pour l’humanité.

On sait très peu de chose de Joseph. 
Les Évangiles en parlent peu.
Il semble bien qu’il est vécu très simplement la vie de charpentier dans une petite ville, la ville de Nazareth.
Il aimait beaucoup une jeune fille qu’il se proposait d’épouser et de fonder une famille avec elle.
Mais, du jour au lendemain sa vie est chambardée. Il en est souvent de même quand Dieu demande la collaboration d’une personne pour réaliser un projet. Il découvre que Dieu l’a choisi pour une mission bien particulière. Il deviendra l’époux de Marie et le père très particulier de Jésus, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde, l’Alliance de Dieu devenu chair. Joseph, parce qu’il est un homme de foi, parce qu’il a un cœur plein de respect et d’amour, le fait de répudier Marie dans le secret le prouve bien, Joseph accepte donc de collaborer avec Dieu.

Nous ne sommes pas appelés à une vocation identique à celle de Joseph mais, comme à lui, le Seigneur nous demande à nous aussi de collaborer avec lui pour le salut du monde, pour que nous soyons des signes d’amour, des signes d’alliance et de bienveillance. Il sait que nous sommes capables de l’aider parce qu’il nous connaît. Il sait que dans notre cœur, il y a une grande capacité d’amour, de tendresse, de bonté, de pardon...Il s’agit peut-être tout simplement de lui faire confiance en lui demandant à tous les matins: Seigneur, me voici en ce début de journée, que veux-tu que je fasse avec toi aujourd’hui pour le monde et l’Église?

Le Seigneur nous demandera alors peut-être d’être plus sensible à ceux et celles qui nous entourent, peut-être d’entreprendre une démarche de réconciliation fasse à quelqu’un que nous avons laissé tomber à cause de certaines bêtises. Il nous demande peut-être de continuer à prier pour la paix dans le monde, de poser un geste pour que son Alliance d’amour grandisse grâce à nous.

Gardons dans notre cœur cette question à demander au Seigneur à chaque début de journée : Seigneur, que veux-tu que je fasse avec toi en ce jour ? Que saint Joseph intervienne en notre faveur auprès de Dieu.

En terminant, voici la prière que le pape Jean-Paul II adressa à St-Joseph lors de sa visite à l’Oratoire à Montréal en 1984.

Saint Joseph, avec toi, pour toi, nous bénissons le Seigneur. Il t’a choisi entre tous les hommes pour être l’époux de Marie, celui qui se tient au seuil du mystère de sa maternité divine, et qui, après elle, l’accueille dans la foi comme l’œuvre du Saint-Esprit.
Tu as donné à Jésus une paternité légale en lien avec la lignée de David. Tu as constamment veillé sur la Mère et l’Enfant avec une sollicitude affectueuse, pour assurer leur vie et leur permettre d’accomplir leur destinée. Le Sauveur Jésus a daigné se soumettre à toi comme à un père, durant son enfance et son adolescence, et recevoir de toi l’apprentissage de la vie humaine, pendant que tu partageais sa vie dans l’adoration de son mystère.
Tu demeures auprès de lui. Continue de protéger toute l’Église, la famille qui est née du salut de Jésus. Protège spécialement le peuple canadien qui s’est placé sous son patronage. Aide-le à s’approcher à son tour du mystère du Christ dans les dispositions de la foi, de soumission et d’amour qui ont été les tiennes.
Regarde les besoins spirituels et matériels de ceux qui recourent à son intercession, en particulier des familles et des pauvres de toutes pauvretés ; par toi, ils sont sûrs de rejoindre le regard maternel de Marie et la main de Jésus qui les secourt. Amen. Pape Jean-Paul II

HERMEL LAHEY, PTRE
LE 19 MARS 2015

 

 

 

 

HOMÉLIE

Vous admettrez avec moi que notre Dieu bienveillant est parfois surprenant comme on peut le voir dans le passage de l’Évangile qui nous est donné en ce troisième dimanche de notre Carême. C’est qu’il arrive que la bienveillance peut prendre le visage de l’impatience et même de la colère devant des manques de respect et de justice qui nous font mal. C’est ce qui se passe dans la page de l’Évangile. Alors que le Temple était sensé être la maison de la prière, on vient d’en faire un marchée public.

On peut alors se demander :
Qu’est-ce que Jésus veut nous dire par son manque de patience?

Il me semble que Jésus nous invite d’abord à respecter tout ce qui est sacré. Quelqu’un disait que l’un des plus grands maux de notre société, c’est d’avoir perdu le sens du sacré. On ne respecte plus sacré à commencer par la personne humaine parmi les réalités les plus sacrées.

Jésus nous rappelle donc que le Temple pour les Juifs, c’était ce qu’ils avaient de plus précieux un peu comme le sont pour plusieurs d’entre nous nos propres églises de bois ou de pierres. Devant les changements que nous vivons une des grandes questions que les personnes portent dans leur cœur n’est-elle pas la suivante: Est-ce que c’est mon église qui va fermer et disparaître?

Jésus nous redit combien ce lieu dans lequel nous sommes comme toutes les églises du monde des plus riches aux plus humbles sont dignes de respect. Nos églises sont en réalité plus importantes que le Temple de Jérusalem puisque Dieu y habite d’une façon particulière dans le Pain de l’Eucharistie.

Dans ce texte, Jésus nous dit qu’il y a un autre Temple plus grand que ces temples que sont celui de Jérusalem et nos églises. C’est son corps à lui. Le temple dont il parlait, c’était son corps nous dit saint Jean. Ce Corps du Christ, c’est l’Église, la Famille de Dieu mais c’est également celui que nous recevons dans nos mains à chaque fois que nous venons à l’Eucharistie. J’ai lu deux témoignages impressionnants au sujet du Corps du Christ présent dans la Pain de Vie. Le premier dit ceci :
C’est le Christ que nous recevons dans la communion non seulement quelque chose de lui; nous recevons non seulement quelques un de ses rayons mais nous recevons le Soleil lui-même. Nous recevons le Soleil lui-même…
L’autre dit ceci :
Lorsque je distribue la communion, je ne m’y habitue jamais. Je suis émerveillé par la diversité des mains qui se tendent, mains d’artistes, mains marquées par le travail, mains tremblantes, mains de jeunes, mains déformées par la maladie…oui, le Corps du Christ est vraiment pour tout le monde. Il mérite le plus grand respect…

Jésus en ce dimanche veut que nous allions encore plus loin, il désire nous faire saisir que le Temple de Dieu, c’est aussi toutes les personnes que nous rencontrons : le petit bébé qui vient de naître comme la personne usée par la vie, les personnes que j’aime et j’estime comme celles qui me fatiguent, me font de la peine. Le Temple de Dieu, c’est votre cœur et le mien, votre corps et le mien.

Je crois qu’en ce 3e dimanche du Carême le Seigneur après nous avoir parlé de ces différents temples qu’il habite veut nous faire saisir qu’il y a peut-être du ménage à faire dans notre temple. Il nous offre le matériel nécessaire pour le faire, ce sont les dix commandements que nous retrouvons dans la première lecture. Ces recommandations quand on les médite, ne sont pas tellement des barrières mais beaucoup plus des propositions pour nous rendre plus humains et rendre notre monde plus fraternel.

Par exemple, si nous donnons plus de place dans notre vie à Dieu qui est amour, si nous honorons nos parents, si nous respectons ce qui appartient à l’autre, si nous nous efforçons de ne jamais nous approprier le bien de l’autre, il me semble que nous serons meilleurs, que notre monde deviendra plus vivable. Si on suivait ces propositions, il y aurait certainement moins de violence. Si on avait suivi les commandements que Dieu nous propose, probablement que le sacrifice des millions de Juifs lors de la 2e guerre mondiale n’aurait jamais existé.

Pendant cette troisième semaine du Carême, laissons le Seigneur faire du ménage dans notre temple intérieur en repassant ces commandements que nous retrouvons dans la première lecture de notre célébration. Et puis, laissons-nous habiter par les deux questions suivantes :

Dans ma vie, Dieu a t-il la place qui lui revient?
Ceux et celles qui m’entourent, sont-ils pour moi des êtres sacrés?

HERMEL LAHEY, PTRE
LE 8 MARS 2015

 

 

 

BIENHEUREUSE MARIE ÉLISABETH TURGEON

Dans quelques heures, une femme de chez-nous sera déclarée bienheureuse. Marie Élisabeth Turgeon, fondatrice des Sœurs Notr...e Dame du St-Rosaire franchira la dernière étape avant la canonisation. Voici une prière pour demander une faveur spéciale par l’intermédiaire de la bienheureuse.

Dieu notre Père, tu as aimé ta servante Élisabeth Turgeon et tu lui as confié la fondation d'un institut religieux voué à l'éducation chrétienne des jeunes. Que l'exemple de sa vie inspirée de la tendresse et de la sollicitude de Jésus et de Marie, nous attire délicieusement vers toi et vers le service de nos sœurs et de nos frères. Dieu notre Père, permets dans ta bonté qu'Élisabeth Turgeon soit glorifiée sur la terre. Et par son intercession, veuille nous accorder la faveur que nous sollicitons: ___________________________. Amen.

Les personnes qui reçoivent des faveurs attribuées à Mère Élisabeth peuvent les faire connaître en écrivant au:
Centre Élisabeth Turgeon
300, allée du Rosaire, Rimouksi, QC, G5L 3E3
Tél: 418-723-2705
Courriel: ceturgeon@soeursdusaintrosaire.org

Bonne journée! Hermel Lahey, ptre

 

DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES
LE 12 AVRIL 2015
DIEU BIENVEILLANT, NOUS VOULONS ÊTRE TES TÉMOINS!

HOMÉLIE

Les textes de ce deuxième dimanche de Pâques sont très riches en messages de toutes sortes. Je retiens celui du témoignage parce qu il va tellement bien avec le thème de ce temps pascal que nous vivons : Dieu, tu aimes le monde et nous en témoignons.

Les récits évangéliques de ce temps pascal nous présentent beaucoup de témoins. Il y a les disciples d’Emmaüs, les femmes qui reviennent du tombeau toutes bouleversées, Marie Madeleine qui reconnaît Jésus sous les traits d’un jardinier, le témoignage des apôtres qui essaient de convaincre leur confrère Thomas qui éprouve de la difficulté à croire en la résurrection de Jésus. En nous présentant ces témoins, les évangélistes poursuivent un objectif, ils veulent éveiller la foi et faire des témoins. Il y a également le témoignage de la première communauté chrétienne que nous retrouvons dans la première lecture d’aujourd’hui. Les membres de cette communauté sont tellement heureux de la résurrection de Jésus qu’ils mettent tout en commun. C’est un témoignage irremplaçable celui de la charité qui prend sa source dans la foi au Christ ressuscité.

Normand Provencher un de mes professeurs à l’Université saint Paul à Ottawa a écrit un très beau livre qui s’intitule : Trop tard. Dans ce livre, il insiste sur l’importance du témoignage dans la transmission de la foi. Il écrit : Comment se transmet la foi? Par la catéchèse, par l’enseignement de la doctrine de l’Église? Oui bien sûr. Mais c’est par le témoignage que la foi se transmet principalement. Pensons simplement une minute au Cardinal Turcotte décédé cette semaine. Ce que nous retenons, c’est son accueil chaleureux de tout le monde, spécialement les pauvres.

Quand des jeunes et des moins jeunes voient des personnes qui au nom de leur foi en Jésus ressuscité, posent des gestes qui interpellent et qui surprennent dans le sens de l’amour et de la justice, ils ressentent le besoin de ressembler à ces héros. Saint Jean, dans la deuxième lecture nous disait justement il y a un instant, que la personne croyante est née de Dieu, elle est vainqueur du monde, elle garde les commandements de Dieu, elle ne sépare pas l’amour de Dieu de l’amour des enfants de Dieu. La personne croyante, c’est une personne qui par toute sa vie témoigne non seulement qu’elle croit au Christ ressuscité mais qui le prouve par des actes, spécialement des actes de charité.

Quand des jeunes voient leurs parents, leurs grands parents, leurs frères ou leurs sœurs pratiquer la charité, la miséricorde envers les autres, quand ils les voient prier, quand ils les voient participer à la messe, ils sont stimulés et portés à les imiter. Prions donc pour qu’il y ait plus de témoins du Seigneur ressuscité.

Si le témoignage individuel est important, le témoignage communautaire ou collectif est indispensable lui aussi. Le livre des Actes des Apôtres nous apprend que la première communauté chrétienne donnait un témoignage extraordinaire. Grâce à leur fidélité à la prière, au partage vécu entre les membres, les gens à l’extérieur disaient en voyant une telle masse d’amour : Voyez comme ils s’aiment! Et plusieurs avaient le goût de se joindre à cette communauté.

Quand je pense à vous, tous les bénévoles de nos communautés dans tellement de domaines, quand je pense à toutes ces jeunes femmes et jeunes hommes qui Jeudi Saint au soir ont participé à la célébration du dernier repas de Jésus et qui nous ont présenté Vendredi Saint en soirée les tableaux de la mort et de la résurrection de Jésus avec tellement de sérieux, de cœur et d’enthousiasme malgré leur travail et leurs diverses occupations, tout cela à mon avis, peut réveiller des personnes qui avec le temps ont pris des distances face à l’Église et à nos célébrations.

Pour conclure, ce deuxième dimanche de Pâques nous rappelle combien la foi se transmet par le témoignage individuel et collectif et nous laisse sur une question que nous sommes invités à porter dans chacun de nos cœurs :
Quelle est la qualité de mon témoignage de foi et quel témoignage nos communautés donnent-elles aux gens qui nous entourent et nous regardent?
Créons-nous assez souvent des occasions qui sortent de nos structures traditionnelles de célébrations pour permettre à des jeunes d’exprimer leur foi et leur attachement à Jésus Christ?

Hermel Lahey, ptre
Le 12 avril 2015

FÊTE DE L’ASCENSION DU SEIGNEUR
LE 17 MAI 2015
N’AYONS PAS PEURS, LE SEIGNEUR EST AVEC NOUS!
FÊTE DES PATRIOTES

HOMÉLIE

Chers amis, en cette fête de l’Ascension, je voudrais partager avec vous une expérience vécue avec des jeunes scouts lors d’un camp d’été il y a maintenant plusieurs années. Pourtant ce que j’ai vécu avec eux m’a marqué beaucoup et je m’en rappelle encore aujourd’hui.

Un soir, à l’occasion de la messe de l’Ascension que je célébrais avec eux dans la forêt, j’ai demandé aux jeunes rassemblés de me dire quel était le mot de la langue française qui leur parlait le plus. J’ai alors entendu les mots suivants : amour, espoir, amitié, souvenir, fidélité, partage, entraide, vie, chance, santé, réussite, paix et beaucoup d’autres.

Dans le groupe, il y avait un jeune qui ne parlait pas beaucoup, il était plutôt discret. Après que tous eurent parlé, lui, il leva la main et nous nous affirma un peu timidement que pour lui, le mot qui était le plus beau, c’était le mot avec. Tout le monde trouva cela un peu drôle et original. Mais quand il s’expliqua, tous furent étonnés et l’applaudirent bien chaleureusement.

Voici son explication qu’il nous donna à peu près dans ces mots: Pour moi, dit-il, c’est le mot avec qui est le plus important parce qu’il me rappelle que je ne suis jamais seul, qu’il y a toujours quelqu’un avec moi. Nous sommes tous des êtres faits pour vivre les uns avec les autres, pour échanger entre nous, pour nous écouter et nous comprendre, pour travailler ensemble, pour nous aimer, pour nous appuyer les uns sur les autres, pour bâtir ensemble quelque chose que nous appelons la paix, l’amitié, la liberté.

Nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Ascension qui pour moi s’éclaire beaucoup avec le mot avec du jeune dont je viens de vous parler. Les Apôtres qui avaient goûté à la compagnie de Jésus se voient tout à coup privés de sa présence physique. On peut comprendre facilement leur peine et le sentiment de perte qu’ils ressentent. Ils sont désorientés, ils ont peur, ils ont perdu leur maître.

Mais avant de partir, le Seigneur leur dit ces paroles rassurantes que nous retrouvons dans l’antienne avant la communion de cette messe: Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Saint Marc comme on vient de le voir dans son évangile lui, dit ceci: Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. Sans doute que ce n’est que progressivement que les Apôtres ont pris conscience de cette nouvelle présence du Seigneur avec eux, cette présence qui les soutenait dans leur mission d’annonceurs de la Bonne Nouvelle de l’amour, cette présence qui les aidait à vivre les belles réalités, les belles valeurs que saint Paul nous énumère au début de sa lettre aux Éphésiens: l’humilité, la douceur, la patience, le support mutuel, l’unité, la paix, l’harmonie. Cette présence les a également remplis d’enthousiasme et de vigueur puisque la plupart d’entre eux ont accepté de mourir martyrs à cause de leur foi, de leur espérance et de leur attachement à Jésus.

L’Ascension de Jésus vient nous dire à nous qui sommes aujourd’hui les témoins de Jésus que nous ne sommes pas seuls pour accomplir notre mission. La route peut être parfois ardue, on peut connaître des moments de découragements quand on regarde la baisse de la foi et l’apparente absence de Dieu dans le cœur des humains. L’Ascension nous rappelle que le Seigneur travaille aussi avec nous aujourd’hui. Il est et sera toujours avec nous, il ne nous abandonnera jamais. S’il compte sur nous pour continuer son œuvre de salut, pour travailler à construire un monde plus humain et fraternel, nous pouvons tout autant compter sur lui pour accomplir tout ce qu’il attend de nous.

Être les uns avec les autres c’est aussi le sens de la fête des Patriotes que nous célébrons en cette fin de semaine. Cette fête qui nous rappelle qu’en 1837-1838 des hommes se sont levés contre le gouvernement britannique qui leur enlevait les droits de parler français et d’être de foi catholique. Comme le dit André. Beauchamp : À VRAI DIRE, ON NE FÊTE NI LEUR VICTOIRE TROP BRÈVE, NI LEUR DÉFAITE SI AMÈRE, MAIS QUELQUE CHOSE DE PLUS PROFOND : LEUR SENS DE LA JUSTICE, LEUR GOÛT DE LA LIBERTÉ, LEUR VOLONTÉ DE RESTER FIDÈLE À EUX-MÊMES ET D’AFFIRMER UNE IDENTITÉ ET UN VOULOIR ENSEMBLE FACE À LA MACHINE IMPLACABLE QUI LEUR REPROCHAIT D’ÊTRE FRANÇAIS DE LANGUE ET CATHOLIQUE DE FOI. Oui, nos Patriotes ont lutté les uns avec les autres. 108 d’entre eux furent traduits en cour martiale, 12 seront pendus, 58 seront déportés en Australie. C’est de cet exil que nous est restée cette mélodie :

Un canadien errant
Banni de ses foyers
Parcourant en pleurant
Des pays étrangers...
Si tu vois mon pays
Mon pays malheureux
Va dire à mes amis
Que je me souviens d’eux.

Ensemble, travaillons les uns avec les autres pour garder notre langue, notre culture, pour rendre nos communautés toujours plus vivantes. C’est de cette façon que nous accomplissons notre mission de disciples du Christ et que nous rendons hommages à nos Patriotes.
Bonne fête des Patriotes à tous! Amen.

HERMEL LAHEY, PTRE
LE 17 MAI 2015

FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ

LE 31 MAI 2015

DIEU, TUNOUS AIMES ET NOUS EN TÉMOIGNONS!

HOMÉLIE

Chers amis nous célébrons la fête de la Sainte Trinité. Beaucoup de grands théologiens ont cherché pendant toute leur vie à saisir la profondeur de ce grand mystère. Le même Dieu qui est trois personnes différentes. Avouons que ce n’est pas évident. Il y a même un vieux chanoine plein de sainteté qui m’avoua lorsque j’ai célébré le sacrement de l’Onction des Malades quelques temps avant qu’il fasse le grand voyage m’a dit combien il avait hâte de nous quitter afin de contempler ce grand mystère.

En fait quand on lit la Parole de Dieu on peut découvrir que le mystère de la Sainte Trinité, c’est n’est pas autre chose que le mystère de l’amour de Dieu pour le monde. Dieu a voulu prendre tous les moyens possibles pour être toujours notre compagnon de route. C’est un mystère semblable à celui qui habite le cœur de deux êtres qui s’aiment. Quand nous regardons deux amoureux, il peut nous arriver de nous demander parfois: Comment se fait-il que ces deux êtres s’aiment autant? La seule réponse possible, c’est que c’est un mystère… À l’aide d’une toute petite phrase qui nous vient de Saint-Jean, voici quelques réflexions qui me viennent dans le cœur et que j’ai le goût de partager avec vous sur ce sujet de la Sainte Trinité.

Dieu a tant aimé le monde! Il a tout créé. Il nous a remis entre les mains tout l’univers avec ses grandeurs et ses beautés pour que nous y trouvions le bonheur, pour que nous respections cet univers et continuions à construire la création par notre travail et nos multiples activités afin d’en faire un monde de paix, d’amour et de fraternité. Dieu est un Père parce qu’il nous a fait et continue de nous faire ce grand et grand cadeau. C’est la proclamation de cet amour que nous retrouvons dans la première lecture de notre célébration tirée du livre du Deutéronome :

Médite cela dans ton cœur : le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre et il n’y en pas d’autre. Aime ton Dieu afin d’avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur Ton Dieu.

Dieu à tant aimé le monde! Dieu n’a pas voulu être un Dieu lointain, perdu dans son univers mais il a pris un corps, un cœur comme les nôtres pour nous dire combien il comprend nos joies, nos rêves, nos peines, nos souffrances physiques et intérieures, nos

fatigues… Il est devenu notre frère en Jésus Christ pour nous apporter la plus grande et belle des nouvelles : Avec lui, nous sommes victorieux de tout, absolument tout même le péché et la mort. Il nous a promis aussi d’être toujours avec nous lorsque nous prions, lorsque nous aimons, lorsque nous célébrons ses sacrements, les grands signes de son amour, lorsque nous travaillons pour le faire connaître :

Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde…

Dieu a tant aimé le monde! Par son Esprit, il est tellement près de nous pour nous dire son amour, qu’il nous habite. Il fait corps avec nous. C’est lui qui nous aide à produire des fruits de vie comme nous nous le sommes rappelés dimanche dernier à l’occasion de la fête de la Pentecôte. Ces fruits que sont: l’amour, la joie, la paix, la tolérance, la générosité, la foi, la douceur, la maîtrise de soi… C’est cet Esprit comme nous le rappelle saint Paul dans la deuxième lecture de notre célébration qui nous aide à croire que nous pouvons appeler Dieu avec toute notre affection : Abba, c’est-à-dire Papa!

L’Esprit fait de vous des fils et des filles; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant Abba.

C’est cet amour extraordinaire que nous rappelle la fête de la Sainte Trinité.

Dans la joie, continuons de célébrer notre Dieu qui a tant aimé le monde et qui continue de tant nous aimer.

Amen.

Hermel Lahey, ptre

Le 31 mai 2015

 

FÊTE DU CORPS ET DU SANG DE JÉSUS
ST-JEAN-DE-DIEU
LE 7 JUIN 2015
PAIN POUR NOTRE VIE

HOMÉLIE

Pour entrer plus en profondeur dans le grand mystère de l’Eucharistie que nous célébrons d’une façon plus spéciale en cette Fête Dieu, je fais appel à une expérience que vous avez certainement vécue comme moi un jour ou l’autre.

Comme moi, vous avez sans doute eu la chance d’entrer un jour dans une boulangerie. C’est une expérience très agréable… En entrant, en plus d’être impressionnés par toutes sortes de pâtisseries et de pains, nous sommes séduits par la senteur que se dégagent de ces pains et de ces pâtisseries qui sortent du four

Cette bonne odeur, me rappelle beaucoup ma mère, ou ma grand-mère qui faisaient leur pain dont l’arôme se faisait sentir dès qu’on s’approchait de la maison. Cette odeur me rappelle leur amour et leur désir de nous donner quelque chose de bon à manger.

Dans le passé, le pain était aussi quelque chose de sacré. On l’entourait d’un grand respect. On le considérait comme un cadeau du ciel. Comme on peut le voir dans certains vieux films, le père avant de trancher le pain pour le distribuer traçait dessus une grande croix. Le pain était le signe de la vie, de la joie, de la fraternité et à certains jours, le signe de la fête.

Tout cela nous amène à saisir peut-être plus en profondeur la grandeur de l’Eucharistie, la grandeur de ce cadeau du Seigneur.

Le Pain de l’Eucharistie, c’est le Christ lui-même qui nous le donne…

Prenez, mangez, ceci est mon corps.

Pour des croyantes et des croyants ce Pain que nous recevons dans le creux de notre main est tout simple mais c’est en même temps ce qu’il y a de plus grand, le Corps du Seigneur. Dieu agit toujours de la même façon. Il utilise souvent ce qu’il y a de plus petit pour se rendre présent. Il a été un tout petit enfant…Jésus sur la croix, n’avait plus rien d’un grand roi…D’ailleurs, ne dit-il pas dans sa Parole :
Celui qui veut être le plus grand, sera le serviteur de tous…

Venir manger ce pain, c’est accueillir en nous la saveur et l’amour de Dieu pour les donner à ceux et celles que nous croisons sur notre route.

Le Pain de l’Eucharistie, c’est le pain pour la route de notre vie…
Dans l’Ancien Testament, il y a un très beau texte qui m’impressionne toujours quand je le médite. Il nous rappelle l’histoire du grand prophète Élie. Lorsque la reine Jézabel a voulu le faire tuer parce qu’il avait dénoncé le mal dont elle était complice. Il se sauva vers la montagne de Dieu, l’Horeb.

Pour se rendre en ce lieu, il a du marcher longtemps et passer à travers diverses épreuves. À chaque fois l’ange du Seigneur l’invitait à manger le pain, à se relever et à continuer sa route. Élie réussit à rencontrer Dieu et à le rencontrer dans la brise légère, le Dieu qui console, qui soutien, qui encourage…

Nous sommes comme le prophète Élie, nous sommes en marche vers l’amour, vers le bonheur, nous sommes en marche vers Dieu qui est le grand Bonheur. Comme Élie, la route n’est pas toujours facile. C’est alors que nous sommes invités nous aussi à manger le Pain de l’Eucharistie, Dieu lui-même qui peut nous soutenir et nous aider à garder l’espérance, à nous dépasser dans l’amour et à demeurer sur la route du véritable bonheur.

Enfin, le Pain de l’Eucharistie, c’est celui qui vient combler la plus grande de nos espérances, celle de vivre toujours. Jésus nous redit dans sa Parole :
Celui ou celle qui mange mon corps et boit sang possède la vie éternelle…
Je demeure en lui et lui en moi… Ces mots sont importants, ce n’est pas rien, ils nous assurent qu’à chaque fois que nous communions, que nous recevons au creux de notre main ce petit morceau de pain, la vie éternelle est déjà commencée en nous…

Nous allons continuer notre prière.
Qu’elle soit action de grâce pour la merveille de l’Eucharistie. En ce dimanche, pensons à tous nos ancêtres qui ont parfois fait plusieurs kilomètres pour rencontrer le Seigneur dans l’Eucharistie. Pensons également à toutes les communautés paroissiales qui n’ont pas la célébration de l’Eucharistie à tous les dimanches à cause du manque de pasteurs, nous vivons cela actuellement dans notre pays. Que le Seigneur aide l’Église à s’organiser, à faire tomber peut-être certaines lois afin de donner à chaque communauté le Repas du Seigneur. Amen…

Hermel Lahey, ptre
Le 7 juin 2015

 

11E DIMANCHE(B)
LE 14 JUIN 2015
LA PUISSANCE DE L’AMOURNOUS HABITE!

HOMÉLIE

Chers amis, de la Parole de Dieu de ce dimanche, je retiens les mots suivants tirés de l’évangile de saint Marc :
Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Mc 4,26.

Par ces mots, Dieu dans l’Ancien Testament puis d’une façon spéciale par Jésus vient nous révéler qu’il a déposé dans tout être humain une force extraordinaire. Cette force, c’est le goût de la vie, le goût de bâtir un monde de paix, de justice, d’amour et de respect de tout ce qui est vivant. Cette force est semée en nous et elle grandit d’elle-même. Bâtir le règne de Dieu, c’est simple; il s’agit simplement de vivre l’amour et le respect des uns et des autres.

Notre mission n’est pas de faire grandir le règne de Dieu, mais de le laisser grandir en n’y mettant aucun d’obstacle. Il s’agit d’accepter d’entrer dans le projet de Dieu et de collaborer avec lui en laissant jaillir de nous tout ce qui est bon. Nous avons à être la terre qui accueille la présence de Dieu et lui permet de grandir en nous. Alors, c’est la force de l’amour déposée dans le cœur de l’être humain qui se répand dans tout l’univers.

Si nous contemplons un simple pépin de pomme. À l’intérieur de la petite graine vit une force extraordinaire qui va donner des centaines de fruits. Ceci nous révèle que la puissance de Dieu capable de produire des fruits merveilleux est là en dedans de chacun et de chacune de nous.

Ce passage de l’Évangile de saint Marc vient nous inviter à ne jamais perdre confiance mais à toujours garder l’espérance envers nous-mêmes mais aussi dans nos sœurs et nos frères dont nous voyons trop souvent que les côtés négatifs. Ces mots de Jésus transmis par saint Marc nous invitent à la confiance devant toutes les difficultés, les crises que peuvent vivre notre Église et notre monde. N’oublions jamais que la puissance de Dieu est présente dans le cœur de chaque être humain et d’une façon spéciale dans chaque chrétienne, dans chaque chrétien.

À cause de cette puissance à l’intérieur de nous, Jésus nous assure que le royaume de Dieu ne cesse de grandir malgré les apparences. Il ne grandit peut-être pas comme nous, on le voudrait mais comme lui, il le veut c’est-à-dire grâce à la puissance de son amour.

La terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Peut être que dans l’avènement du règne de Dieu nous sommes seulement encore à l’herbe, à travers l’herbe, il y a sans doute de la moutarde, du chiendent, et d’autres mauvaises herbes, laissons faire l’amour de Dieu, laissons jaillir de nous cet amour, nous aurons le dessus et la récolte sera toujours très fructueuse. N’oublions pas que l’heure la plus belle de notre vie, sera toujours celle où nous avons le plus aimé.

Bonne semaine à tous!

Hermel Lahey, ptre
Le 14 juin 2015

 

 

FÊTE DE LA ST-JEAN-BAPTISTE
25 JUIN 2015
FÊTE NATIONALE DU QUÉBEC ET FÊTE FAMILIALE

HOMÉLIE

Chers amis, il existe plusieurs façons de célébrer la Saint-Jean.
Nous pouvons faire un grand feu qui célèbre la victoire de la lumière sur les ténèbres comme ça été le cas dans plusieurs municipalités au Québec. Nous pouvons en famille, chanter, danser et manger ensemble. Nous pouvons aller participer avec de grandes foules à des spectacles ou se retirer bien calmement à la maison pour se reposer et relaxer.

Nous, ce matin, nous avons décidé de commencer la fête en venant participer à une Eucharistie qui fait mémoire de la naissance de Jean-Baptiste. Savez-vous que c’est une tradition qui remonte très loin dans le temps. Une tradition qui rassemble les familles dans la grande Famille de Dieu, l’Église.

Ce matin, nous ne pouvons l’éviter je pense et c’est agréable de le faire, nous avons à nous souvenir que la Nouvelle-France, le Québec a été fondé pas des femmes et des hommes qui croyaient en Dieu et en Jésus Christ.

Pensons à Samuel de Champlain, le fondateur de la ville de Québec, à François de Montmorency Laval, premier évêque de Québec et de l’Amérique du Nord qui a jeté les bases de l’Église dans ce coin du monde. Pensons à Marie de l’Incarnation, une grande mystique et une femme d’action, une mère de famille et une religieuse, une femme d’affaire et une éducatrice. Pensons à Paul Chomedey de Maisonneuve, un militaire qui ayant entendu parler de la fondation de Montréal, offrit sa personne, son argent, avec le désir de servir Dieu et le Roi dans sa profession. Jeanne Mance qui entendit elle aussi parler de la fondation de Montréal et décida de consacrer sa vie à répandre l’Évangile dans ce nouveau monde. Elle fonda l’Hôtel-Dieu de Montréal. Elle fut la première infirmière laïque au Canada. Et puis il y a Catherine de Saint-Augustin, fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Québec, première hôpital en Amérique du Nord. Marguerite Bourgeoys qui a fondé une communauté non cloîtrée pour l’enseignement, les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame et nous pourrions encore nommer beaucoup d’autres noms jusqu’à ceux de nos ancêtres que nous retrouvons dans les albums des anniversaires de nos paroisses.

Je trouve important de faire ce rappel ce matin parce que notre devise au Québec c’est justement: Je me souviens…Nous devrions toujours nous souvenir avec reconnaissance que les grandes valeurs humaines et spirituelles qui nous ont été transmises et ont contribué à faire ce que nous sommes aujourd’hui étaient d’abord et avant tout des valeurs chrétiennes.

Ces valeurs, elles viennent directement de cet homme Jésus que Jean Baptiste a fait connaître à ses concitoyens. Ce n’est pas moi le Messie que vous attendez, le Sauveur du monde. Le voici qui vient après moi et je ne suis pas digne de lui enlever ses sandales disait-il. Jean Baptiste d’après ce que nous dit l’Évangile, était un homme tout d’une pièce comme on dit. Il était honnête, droit, direct, sincère et vrai. Il a consacré toute sa vie à révéler Jésus. Il a parlé avec force, clarté en accordant à Jésus toute la place. Jésus a dit de lui ce magnifique témoignage : Jean est plus qu’un prophète. Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand…

Chers amis une des plus grandes richesses que les fondateurs de la Nouvelle-France nous ont laissée c’est l’Évangile de Jésus, le Messie, le Sauveur, la Lumière du monde. Cet Évangile dénonce le mensonge, l’égoïsme, la malhonnêteté. Cet Évangile nous enseigne le respect dû à toute personne, petite ou grande, naissante ou mourante, riche ou pauvre. Cet Évangile accorde la priorité aux plus petits, aux plus faibles, aux plus pauvres, aux rejetés, aux méprisés de toute société. Il invite à découvrir dans toute personne le visage même de Dieu. Il nous invite pour construire un monde meilleur à mettre l’accent sur l’amour, le pardon, la justice, le partage, l’entraide. Il invite à mettre en premier dans la recherche d’une société meilleure la personne humaine avant la recherche de l’argent, de la richesse, et je le dis, de l’équilibre budgétaire à tout prix. Que cesse les avantages données exagérément à des personnes qui quittent leur travail déjà très bien rémunéré dans des Sociétés d’État parce qu’elles ont fait supposément un bon travail. Dans nos communautés, il y a combien de travailleurs forestiers, agricoles et autres qui eux aussi ont mis tout leur cœur dans leur travail et leur contribution à l’État et qui ne reçoivent rien de tous ces bénéfices. Rappelons-nous Jésus qui nous dit encore à nous aujourd’hui : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le d’abord pour eux.

En fêtant Jean Baptiste aujourd’hui, rendons grâce pour tout ce que nous ont légué nos ancêtres, affirmons notre volonté de préserver cet héritage, d’en vivre afin de le transmettre. Que le Seigneur nous apporte son aide. À chacune et chacun de vous : Bonne et heureuse St-Jean!

Amen.

(Texte inspiré du Cardinal Jean-Claude Turcotte) Hermel Lahey, ptre
Le 24 juin 2015

 

FUNÉRAILLES
STÉPHANIE ET ÉMILIE BOULANGER
SAINT-FABIEN, LE 18 AOÛT 2015
Textes : Rom : 8,31-39 : Rien ne peut nous séparer de de l’amour de Dieu…
Jean : 11, 17 ss : Résurrection de Lazare : Je suis la résurrection et la vie…

HOMÉLIE

Chers amis comme vous, depuis l’accident de Stéphanie et de ses enfants il y a beaucoup de POURQUOI qui habitent mon cœur et tout mon être.

Pourquoi cet accident?
Pourquoi la mort de Stéphanie qui apportait à ses enfants, à vous ses proches, aux jeunes par son travail, une présence pleine d’amour, de bonté et de joie?
Pourquoi le départ d’Émilie alors qu’une vie prometteuse commençait à peine pour elle?
Pourquoi les souffrances d’Étienne et de Thomas qui luttent présentement pour vivre?
Pourquoi Dieu n’est-il pas intervenu pour empêcher ce drame?

Vous comprenez bien que j’aimerais beaucoup pouvoir vous apporter des réponses claires à toutes ces interrogations. Malheureusement je ne peux pas parce que je ne sais pas moi aussi le pourquoi de tout cela. Je veux quand même prendre quelques instants avec vous pour vous proposer trois réflexions qui je l’espère vous apporteront un peu de lumière, de paix, de l’espérance, de l’apaisement, du repos. C’est trois réflexions sont présentes en moi suite à la Parole de Dieu que nous venons d’accueillir et probablement de Stéphanie et Émilie à qui j’ai demandé de m’aider à vous parler aujourd’hui.

Ma première réflexion me vient du regard que je porte sur Jésus qui pleure devant la mort de son ami Lazare, de ses deux sœurs Marthe et Marie et des personnes qui les accompagnent et qui souffrent à cause de la perte d’un être aimé. Jésus pleure lui aussi parce qu’il aimait Lazare et ses deux sœurs. Il pleure parce qu’il est témoin de toute la tristesse qui habite le cœur des personnes rassemblées. Il pleure parce qu’il n’aime pas la mort qui enlève des êtres aimés. D’ailleurs, à la veille de sa propre mort dans le Jardin de Gethsémani, il va pleurer lui aussi.

Depuis l’accident de Beaumont nous pleurons nous aussi. Beaucoup de personnes même que nous ne connaissons pas ont versé sans doute des larmes. J’aime à croire que le Jésus de l’évangile que nous venons d’entendre pleure avec nous aujourd’hui. Il est sensible à cette peine et cette haine de la mort qui nous habite tous. Il nous invite à ne pas retenir nos larmes, à les laisser jaillir et à les partager afin d’alléger la peine et d’apaiser les révoltes qui peuvent nous habiter en ce moment, dans les semaines, les mois et les années à venir.

Ma deuxième réflexion est la suivante : Jésus réanime Lazare. J’aimerais bien qu’il fasse de même pour Stéphanie et Émilie. En y pensant bien, je crois qu’il le fait en nous assurant d’une chose qui est la suivante. Depuis sa mort un certain vendredi et sa résurrection trois jours plus tard, il nous affirme que nos morts ne sont pas dans le néant mais il les accueille auprès de lui. Avec eux auprès de lui, nous avons des êtres qui continuent de nous aimer. Avec eux, avec elles, nous avons des êtres qui intercèdent pour nous. Un jour nous les reverrons. La semaine dernière, je me suis rendu voir quelqu’un en soins palliatifs. Il me disait à peu près ceci : « Je ne sais pas encore quand mais ça ne sera plus long maintenant, je vais revoir ma femme Alice qui m’a quitté il y a 26 ans. J’en ai des choses à lui dire. J’ai hâte de la serrer dans mes bras… » Pour René, son Alice est vivante…C’est ce que Jésus nous dit à nous aussi :
Je suis la résurrection et la vie.
Celui ou celle qui croit en moi, même s’il meurt, vivra!
C’est la pensée profonde qui habite le cœur de beaucoup d’êtres humains à commencer par le mien. Et c’est avec beaucoup d’espérance que je vous dis ces paroles de Doris Lussier au moment du décès de son fils.
Il est impossible pour moi d’aimer autant un être et que ce dernier finisse dans le néant. Pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement. Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence. Le dernier soir de la vie sur cette terre est le premier matin de notre éternité.
Continuons de parler à Stéphanie et à Émilie. Elles sont des vivantes. Continuons de nous rappeler de leurs moments heureux, de tout ce que nous aimions chez elles. Se souvenir c’est rendre actuel le passé, grand signe de résurrection, signe comme nous le disait saint Paul que rien, absolument rien même la mort, ne peut nous séparer de l’amour du Dieu de la Vie qui nous a été révélé par Jésus.

Enfin ma dernière réflexion c’est celle-ci. Elle me vient d’une chanson de Luc De Larochellière intitulée : Si Fragile..si Fragile…Il chante ceci :

On ne choisit pas toujours la route, ni même le moment du départ.
On n’efface pas toujours le doute, la vieille peur d’être en retard.
Et la vie est si fragile…

On ne choisit jamais de vieillir, on voudrait rêver un peu plus.
La vie n’est pas faite pour mourir, on meurt souvent bien entendu.
Car la vie est si fragile…

On marche sur l’or ou sur l’argile, dépend de ce qu’on a reçu.
On reste tout aussi fragile, pourquoi donc se marcher dessus?
Car la vie, la vie est si fragile, si fragile…

Il me semble que Stéphanie et Émilie, puis Étienne et Thomas dans leur lutte pour vivre et Dieu lui-même nous invitent à faire tout ce que nous pouvons pour que notre vie et celle des autres autour de nous soit belle, bonne, pleine de belles surprises, des surprises toutes simples mais combien pleines d’amour, d’amitié et de pardon.

Voilà les réflexions que j’avais le goût de partager avec vous cet après-midi. Je souhaite qu’elles vous apportent de la paix, un peu d’espérance, beaucoup d’amour celui de Stéphanie et d’ Émilie, celui de Dieu et le mien et de vous tous et toutes qui êtes ici rassemblés. Merci de m’avoir écouté. Amen.

Hermel Lahey, ptre. Le 18 août 2015

 

DIMANCHE 21 FÉVRIER 2016
LA TRANSFIGURATION

De nombreux événements de la vie de Jésus se sont déroulés sur la montagne : les tentations, son premier sermon, sa... prière sur la montagne, l’agonie au mont des Oliviers, sa mort sur le Calvaire et son Ascension. Il semble que Jésus ait choisi les montagnes et les hauteurs pour accomplir les événements importants du salut. Tout cela s’applique également à l’évangile de ce deuxième dimanche de carême : Jésus prit trois de ses disciples sur une haute montagne, identifiée comme le Mont Thabor et là, il fut transfiguré devant eux.
La liturgie nous présente ce passage de la Transfiguration après celui des tentations. Ce n’est pas pour rien, il y a un lien entre les deux. Si, malgré notre volonté de suivre le Christ, nous nous sentons faibles, tentés et pécheurs, nous n’avons pas à être écrasés par la peur ou le désespoir. La raison en est l’exemple de Jésus lui-même. Il a été tenté mais non vaincu. En lui et comme lui, nous sommes tentés mais il nous invite à nous attacher à la Parole de Dieu. Avec cette Parole, nous pouvons vaincre tout et connaître des transfigurations. Le mont Thabor évoque ce moment où Jésus révèle sa véritable identité, sa divinité et sa splendeur indescriptible, en fréquentant les évangiles nous pouvons nous aussi découvrir progressivement sa splendeur et en être illuminés.

Bon dimanche! Hermel Lahey, ptre4

 

DEUXIÈME DIMANCHE DU CARÊME 2016
LA TRANSFIGURATION DE JÉSUS

VOICI MON HOMÉLIE POUR CE DEUXIÈME DIMANCHE DU CARÊME

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CARÊME 2 2016
21 FÉVRIER 2016
DANS LA JOIE DE L’ALLIANCE
AVEC JÉSUS SUR LE MONT DE LA TRANSFIGURATION

HOMÉLIE

Avez-vous déjà observé le visage de quelqu’un qui est triste, inquiet, qui a peur et à qui on vient annoncer une merveilleuse nouvelle comme la maladie qu'on a détectée n'est pas aussi grave qu'on le pensait, qu'un nouvel emploi est offert, qu'une relation brisée vient de se refaire? Quel changement! Avant, ce visage était comme éteint, fermé. Toutes les beautés qui habitent cette personne étaient comme cachées par un gros nuage noir. Après, il rayonne de vie, de lumière, de chaleur, de joie… On dit parfois d’un tel visage qu’il est transfiguré. C’est le même visage, mais la joie, la vie, l’espoir, la lumière qui dormaient dans le cœur se réveillent et apparaissent à nouveau pour le bonheur de tous.

Dans le cœur de Jésus était caché tout le mystère du Dieu de l’Alliance, qui est la Vie, la Lumière parfaite, la Beauté infinie. Un jour, sur une montagne, Jésus a voulu montrer cette Gloire de Dieu, cette beauté éclatante qu’il portait en lui comme un merveilleux secret. Pour quelques instants, il a laissé voir à ses amis qui il est vraiment : le Seigneur de la Gloire! C’est ce mystère de la transfiguration que nous célébrons aujourd’hui en ce deuxième dimanche de notre Carême.

Six jours après avoir fait l’annonce à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup, être mis à mort et le troisième jour, ressusciter, Jésus leur révèle qui il est véritablement afin de renouveler leur confiance.

Dimanche dernier, Jésus montrait qu’il était, comme chacune et chacun de nous, un être sollicité par la tentation, par des choix : faire sa volonté ou celle de Dieu. Aujourd’hui, à Pierre, Jacques et Jean, il montre sa nature divine. À travers son corps d’homme, une lumière divine se dégage et l’enveloppe. Il montre sa divinité, sa grandeur, la gloire de Dieu qui est en Lui. C’est toute une expérience pour les trois disciples qui ont vite oublié le bouleversement de leur cœur à l’annonce de sa passion. Jésus a laissé entrevoir sa victoire sur le mal et la mort, le triomphe de l’amour sur la haine, le triomphe de la vie sur la mort.

Jésus nous invite nous aussi à travers ce Carême, à monter avec lui sur la montagne de la Transfiguration. Comment le fait-il? Il le fait en nous invitant d’abord à renouveler notre relation avec lui en nous réservant peut-être un peu plus de temps avec lui afin de lui confier nos joies, nos espoirs, les personnes que nous aimons, nos peines, nos inquiétudes, nos fatigues, nos désespoirs. Il nous invite à faire comme nous le faisons avec une personne qui nous est chère et en qui nous avons confiance, à lui raconter tout ce que nous vivons. Et comme le dit saint Jean Chrysostome, nous pouvons le faire aussi longtemps que nous en avons besoin en ayant la certitude qu’il ne se tannera jamais de nous entendre au contraire il nous aimera toujours plus.
Il le fait en nous invitant à rafraîchir nos relations entre nous, en tentant de faire disparaître de nos vies les paroles et les regards qui blessent, nos jugements rapides sur des personnes. Il nous invite à monter avec lui sur la montagne de la Transfiguration en étant sensibles aux besoins de nos sœurs et de nos frères proches de nous mais aussi dispersés à travers le monde.

Si nous acceptons de suivre Jésus sur la montagne, nous comprendrons mieux qui est notre Dieu. Il n’est pas un Dieu lointain, un être suprême caché dans ses galaxies. Il est le Dieu de l’Alliance, un Père, il est notre frère en Jésus, il est une force extraordinaire présente en nous par son Esprit. Nous ne sommes plus seuls avec nos échecs de toutes sortes, nos maladies, nos dépressions, nos impasses. Le Christ victorieux du mal et de la mort est avec nous. Il est notre force, notre rayon d’espérance, notre Soleil, notre transfiguration. Dans l’Eucharistie qui va se poursuivre, ouvrons tout notre être à ce Seigneur transfiguré afin d’être à notre tour lumineuses et lumineux.

Je termine ma réflexion avec les mots merveilleux de ce chant :

Quand tu ne trouves plus au bout d’un long hiver
L’espoir d’une saison nouvelle
Rappelle-toi Jésus, qui franchit le désert
Conduit par un Amour fidèle.

Quand tu n’acceptes plus la route de la mort
Le cœur déçu et sans courage
Rappelle-toi Jésus, rappelle-toi son corps
Rempli d’une clarté sans âge

Car depuis qu’il est venu, en nous tout a changé
Un monde est disparu, un autre monde est né
Depuis qu’il est venu…

Bonne deuxième semaine du Carême à tous!

Le 21 février 2016 Hermel Lahey, ptre.

 

CARÊME 3 2016: DANS LA JOIE DE L'ALLIANCE
LA PATIENCE DU DIEU DE L'ALLIANCE

CARÊME 3 2016
DIMANCHE 28 FÉVRIER 2016...
DANS LA JOIE DE L’ALLIANCE
LA PATIENCE DU DIEU DE L’ALLIANCE!

HOMÉLIE

Nous sommes rendus au troisième dimanche de notre Carême 2016 et voilà que Jésus nous donne de belles images de Dieu son Père, le Dieu de l’Alliance.

Dans l’évangile nous dit que le Dieu de l’Alliance en est un plein de patience. Il le compare au maître de la vigne, Dieu, se laisse attendrir par le travailleur de la vigne, Jésus. Il accepte de donner encore une chance au figuier sec afin qu’il produise du fruit… Pour saisir cette image présentée dans l’évangile, j’ai le goût de vous raconter un fait que j’ai lu quelque part.

Un jour, un couple recevait dans leur salon un couple ami. Dans le coin du salon, il y a avait une plante toute rabougrie, chétive qui semblait agonisée. L’épouse du couple qui recevait, exprima son intention de jeter cette plante qui était vouée à la mort. L’autre couple leur demanda de leur confier cette plante. Quelque mois plus tard, lorsque le couple qui avait reçu se rendit chez l’autre, il fut émerveillé devant une plante toute belle, en excellente santé qui occupait un coin du salon. Le couple demanda à l’autre d’où venait cette belle plante. C’est alors qu’il apprit que cette belle plante, c’était celle qui pour eux étaient vouée à la mort mais qui était ressuscitée d’une certaine façon grâce aux soins et à l’attention qu’on lui avait portés.

Jésus nous dit que chacun et chacune de nous nous pouvons ressembler à certains jours à des plantes desséchées mais grâce à l’amour de notre Dieu qui est patience, grâce à sa Parole, à ses sacrements, nous pouvons finir par avoir nous aussi des airs de printemps nouveau. Cette Parole, nous invite donc à accueillir avec un cœur grand ouvert l’amour que Dieu veut nous manifester. Cette Parole nous invite également à apporter nous aussi de l’amour, des soins à ceux et celles qui nous entourent, plusieurs se sentiront revivre grâce à cet amour…

Dans la première lecture, nous entendons cette grande déclaration du Seigneur :

« J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple, oui, je connais sa souffrance, j’ai entendu ses cris. Je vais le délivrer, je vais le faire monter vers une terre spacieuse et fertile, ruisselante de lait et de miel… »

Et lorsque Moïse demande à Dieu quel est son nom, il y a cette belle réponse qui sort de la bouche de Dieu :

« Je suis celui qui suis…mon nom est « JE SUIS. »

Vous trouvez peut-être ce nom bizarre mais il nous dit beaucoup sur Dieu. Dieu n’est pas un être du passé, un être qui a déjà existé mais il est celui qui est toujours là, celui qui est toujours au présent. Il est là maintenant, avec nous. Encore aujourd’hui, il voit la misère et les souffrances de son peuple, de chacun et de chacune de nous, il n’est pas insensible à ce que nous vivons.

C’est cette belle déclaration que le pape Benoît XVI a déjà fait après 8 années de son pontificat. Il disait : « Cela a été un bout de chemin de l’Église qui a eu des moments de joie et de lumière, mais aussi des moments pas faciles. Je me suis senti comme saint Pierre avec les Apôtres dans la barque sur le lac de Galilée : le Seigneur nous a donné beaucoup de jours de soleil et de brise légère, des jours où la pêche a été abondante; il y a eu aussi des moments où les eaux étaient agitées et le vent contraire…le Seigneur semblait dormir. Mais j’ai toujours été sûr et certain qu’il était là et qu’il ne la laissera jamais coulée. Soyons joyeux d’être chrétiens. » C’est un grand témoignage de foi qui nous assure que dans nos barques, que dans nos vies sous le soleil ou dans la tempête le Seigneur est là avec nous.

En poursuivant notre célébration, pensons à une personne à qui nous pourrions prodiguer de la bonté, de la patience afin qu’elle reprenne goût à la vie, que des bourgeons éclatent à nouveau dans la vie cette personne. Amen. Hermel Lahey, ptre

Bon dimanche!
Hermel Lahey, ptre

DIMANCHE 26 JUIN 2016
TOURNER VERS L'AVENIR
TOURNER VERS L’AVENIR AVEC ESPÉRANCE
Voici une belle histoire d’espérance suite à cette invitation de regarder l’avenir de notre Église en gardant vivante notre espérance. Cette histoire, c’est celle de trois arbres. L’auteur est inconnu.
« Il était une fois trois arbres qui rêvaient de ce qu'ils seraient une fois devenus grands. Le premier s'imaginait être un coffre à trésor, renfermant ce qu'il y a de plus précieux au monde. Le deuxième rêvait d'être un vaisseau grandiose faisant traverser les océans aux plus grands rois de la terre. Le troisième se voyait grandir et dépasser la cime des plus grands arbres. Tout le monde alors le regarderait avec respect. Le jour arriva où trois bûcherons vinrent couper les arbres... Leurs rêves furent vite évanouis lorsque le premier fut transformé en une auge grossière pour animaux, le deuxième en une vilaine barque de pêcheur et le troisième débité en grosses poutres imparfaites. Et les jours passèrent et avec eux les souvenirs de gloire.

Un beau jour, une maman au visage rayonnant se pencha au-dessus de la mangeoire pour y déposer un enfant nouveau-né. A cet instant, le premier arbre sût que son rêve s'était accompli et qu'il ne trouverait pas au monde de Trésor plus précieux que celui qu'il accueillait aujourd'hui. Beaucoup plus tard, un homme monta dans la barque. Au milieu de la mer, alors que le vent s'était levé, l'homme se mit debout et, d'un geste de la main, apaisa la tempête. Alors le deuxième arbre sut qu'il ne pourrait transporter à travers les mers de Roi plus puissant et plus grand. Enfin, encore plus tard, des soldats vinrent ramasser les poutres pour en faire une grande croix sur laquelle on vint clouer les mains d'un homme. Le troisième arbre ne comprit pas tout de suite ce qui se passait... Mais le dimanche matin, à la lueur de l'aube, il comprit que pour lui aussi, le rêve s'était accompli. Désormais en tout endroit du monde, les hommes le regarderaient avec les yeux remplis d'Espérance. »

Voilà ce qui peut nous arriver si nous nous embarquons avec cœur dans le tournant missionnaire avec espérance grâce à la présence du Seigneur. Nous pourrions vivre des surprises « surprenantes », sources de grandes joies.
Bon dimanche!
Hermel Lahey, ptre

TTENTION QUELQU'UN M'A POSÉ LA QUESTION SUIVANTE: POURQUOI UN COQ SUR LES CLOCHERS DES ÉGLISES? 
VOICI DES ÉLÉMENTS DE RÉPONSE...

On attribue au coq des qualités comme la fierté, le courage, l’intelligence et la vigilance. C’est un animal familier qui sait se faire entendre. Il a trouvé une place importante dans de nombreuses religions. Les vertus qu’on lui prête sont en effet innombrables.

On ignore l’origine de cette représentation du coq au faîte des clochers de nos villages. L’apparition d’une telle pratique remonte, dit-on, au IX siècle, puisque le plus ancien se trouve à BRESCIA tout au nord de l’Italie. Cependant on en trouve très peu dans les églises orientales car souvent elles n’ont pas de clocher.

Le coq serait l’oiseau de lumière, l’emblème du Christ et de l’intelligence de Dieu ‘’ l’oiseau annonciateur du jour qui appelle les âmes à la vie chrétienne’’. Comme le Christ, il annonce l’arrivée du jour après la nuit, symboliquement ’’Celle du bien après le mal’’. De même que le coq annonce le jour nouveau, de même, le chrétien attend le jour où le Seigneur reviendra. C’est peut-être pour cela qu’une représentation de ce volatile soit perchée au sommet de nos églises.

Pour d’autres, le symbole est différent. Il serait celui de la résurrection. « Dans l’art chrétien, il est l’emblème de Saint Pierre : symbole de la résurrection du Christ, de la vigilance chrétienne, des prédicateurs » (Chanoine L-E. Marcel). Une autre explication serait que les premiers chrétiens se réunissaient pour une prière matinale au chant du coq, jusqu’à l’apparition des cloches, vers le V ème siècle.

Donc à cette question : Pourquoi des coqs sur les clochers, on ne peut y répondre que par des conjectures. Ce qui semble évident, après l’énumération de cette symbolique, c’est que le coq, haut placé, rappelle le Christ protecteur, vigilant et défenseurs de ses enfants. Le Coq-Girouette toujours face au vent, est le symbole du Christ face aux péchés et aux dangers du monde ‘’le chrétien face aux mêmes dangers et aux mêmes péchés’’

 

HOMÉLIE

Comme Jésus le faisait souvent, il part d’une discussion, d’un événement pour faire grandir ses disciples. Aujourd’hui, il part d’un homme dans la foule qui lui demande d’intervenir pour que son frère partage un héritage avec lui comme c’était convenu probablement.

On voit alors Jésus partir de cette question pour donner une leçon sur notre relation avec l’accumulation de biens. « Gardez-vous de toute âpreté, c’est-à-dire de tout goût exagéré et exclusif pour les richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses richesses. » Et comme il le faisait souvent, Jésus parle d’un fait que tous connaissent facilement et que même nous qui vivons des centaines d’années plus tard connaissons aussi.
Il leur dit alors : « Pensez à cet homme qui possède une bonne terre qui produit en abondance. Il vit bien. Mais il en veut toujours plus : de nouvelles granges, plus de profits, plus de sécurité pour être à l’abri des imprévus, on ne sait jamais ce qui peut arriver… »

On peut alors se demander : Est-ce que ce n’est pas légitime et bon de penser comme cela?
C’est vrai que c’est bon, c’est sage de posséder un bon patrimoine, de faire des placements, de se préparer un avenir pour soi et ses enfants, de se donner une sécurité pour la retraite. C’est vrai que tout cela c’est bon. Jésus ne vient pas condamner la possession de biens, Il ne vient pas nous dire que nous n’avons pas besoin de rien, que nous n’avons pas à prévoir notre retraite.

Mais ce qui ne va pas chez notre homme qui possède une bonne terre et qui amasse beaucoup c’est le fait qu’il n’y a rien que cela qui compte pour lui. Il devient prisonnier de ses avoirs. Au lieu de les utiliser il ne regarde que les profits qu’il peut faire, c’est sa seule recherche. Son cœur se ferme sur ses biens et ses possessions de toutes sortes. C’est contre cela que Jésus en a et qu’il désire nous mette en garde comme il le faisait pour ses disciples.

« Tu es fou, lui dit Dieu. Cette nuit même, on te redemandera ta vie. Tout ce que tu auras mis de côté qui l’aura? Voilà ce qui nous arrive nous dit Jésus.

Jésus nous dit qu’à côté de ces richesses qui ne sont pas mauvaises en soi, il ne faut jamais oublier tous les biens qui ne s’achètent pas et qui ont une valeur inestimable. Des biens comme le regard d’un enfant, l’amour d’une conjointe ou d’un conjoint, la main qui aide le démuni, la paix, la bonne entente et la fraternité que nous pouvons promouvoir. Voilà des richesses plus importantes que les richesses matérielles. Ne pas les oublier, c’est cela s’enrichir comme Dieu nous y invite.

Quelqu’un à la suite de ce texte d’évangile nous propose de faire le test suivant : Sur quatre bouts de papier différents on inscrit ceci :
1. Ce qui est superflu
2. Ce qui est utile
3. Ce qui est important
4. Ce qui est nécessaire et essentiel
Sur chacune des feuilles, j’inscris les désirs que je porte en moi, les choses que je me suis acheté pour me gâter et les autres selon la valeur que ces choses possèdent. Il paraît que ça peut nous aider à mettre nos priorités aux bonnes places. C’est peut-être le but de Jésus pour nous qui lisons ce texte aujourd’hui.

Je vous souhaite bonne chance si vous décidez de faire le test.

Que notre célébration nous aide à élever notre cœur vers le Seigneur le plus grand de tous les biens et que notre communion à son corps nous comble de joie. Amen.

Hermel Lahey, ptre. Le 31 juillet 2016

 

 

HOMÉLIE : Alexis Dupuis le 24 décembre 2016

Lm 3, 16-26 / Ps 85 / Mt 11, 25-28

 

« Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau… ». Il est lourd notre fardeau cet avant- midi, pour nous tous. Le départ  imprévu d’un fils, d’un ami nous rappelle tant la fragilité de notre condition humaine impuissante devant la mort. Les paroles de la première lecture résonnent à nos oreilles : « J’ai oublié le bonheur ; la paix a déserté mon âme». Nous sommes là comme Marie au pied de la croix, « le cœur transpercé ».

 

Devant ce mystère de souffrance, la première attitude est peut-être d’être là, tout simplement, présent et de garder le silence. Les mots sont si pauvres pour consoler. Vous êtes nombreux et nombreuses cet avant-midi dans cette église, tout simplement là, présents, en silence. C’est très important.

 

Notre cœur est peut-être aussi habité par de la colère ou de l’incompréhension envers Dieu. Si la foi dans laquelle Alexis a été baptisé proclame un Dieu tout puissant ; s’il est vrai que toi, Seigneur tu nous aimes tant, que tu aimais tant Alexis, et que tu l’aimes toujours infiniment, pourquoi l’as-tu laissé faire ? Pourquoi?… Cette question de tous les temps, la Bible la connaît. Même Jésus, au moment de mourir en croix, reprend ces paroles d’un psaume   « Mon Dieu, MonDieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »Nos « Pourquoi » font partie de la foi, de la vie, du combat pour vivre.

 

Il faut accepter d’être sans réponse à ces « Pourquoi ».L’auteur du livre de Job dans l’Ancien Testament compare ceux qui essaient d’expliquer la souffrance à des «des plâtriers du mensonge… »Le Dieu que la Bible nous révèle n’explique pas la souffrance. Mais il vient la porter avec nous. Ce Dieu : C’est Jésus sur la croix.

 

Nous sommes peut-être révoltés contre Dieu. Peut-être avons-nous demandé à  Alexis aussi parce que  nous ne comprenons pas son geste et que nous l’aimons: « Alexis, pourquoi avoir été jusque-là ? »  , Nous vivons dans un monde qui nous dit que la perfection,  c’est une  vie sans défaut, marquée par l’excellence. C’est l’une des grandes misères de notre monde. Faire croire que pour exister, pour être aimé, il faut sans cesse tenir son rang, être fort et dissimuler ses faiblesses.  Mais cette perfection est-elle bien le chemin du bonheur ?

 

Jésus lui, nous dit : « Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux ». Oui. Ceux et celles qui ont suivi les béatitudes, les saintes et les saints nous font comprendre que le bonheur est associé à l’acceptation de notre pauvreté  « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux touts petits ». Accepter d’être un mendiant des autres et de Dieu. Croire qu’avec lui, nous pouvons passer à travers nos erreurs…

 

Notre monde nous pousse à un rêve, celui d’être des héros aux yeux des autres. Mais le héros se construit par ses propres forces. C’est usant. C’est minant parce que l’on n’y parvient jamais. Le saint, lui, accueille le don de Dieu, s’en imprègne avant de répondre à ce don par les efforts de sa vie.

 

JACQUELINE LEBLOND 1963-2016

ST-CYPRIEN LE 2 JANVIER 2017

 

HOMÉLIE

Job 14, 1-3.10-15

Jean 14, 1-6

Chers amis, comme vous toutes et tous, devant le départ de Jacqueline, je me sens bien petit. J’ai prié et cherché longtemps quel message vous donner afin de vous apporter un peu de réconfort et de vous soutenir dans ce départ prématuré. J’ai questionné Dieu dans ma prière un peu comme l’a fait Job que nous avons entendu dans la première lecture de notre célébration.

 

« L’homme ou la femme est enfanté pour bien peu de jours.

C’est une fleur qui pousse, et que l’on coupe aussitôt.

Quand il ou elle expire, que devient-elle, que devient-il?

La femme qui meurt, va-t-elle revivre?

L’homme qui meurt va-t-il revivre? »

 

Avant de donner des éléments de réponses à ces grandes questions qui nous habitent tous, il y a un mot qui est monté en moi en pensant à Jacqueline et à tout ce que vous deux  Guy et Pierrette m’avez confié lors de notre rencontre mercredi dernier.

 

Ce mot, c’est : Merci.

 

Merci à toi Jacqueline pour tout ce que Pierrette vient de nous dire de toi dans son hommage. Merci aussi pour tout ce que Guy et Pierrette m’avez appris sur toi. Je résume  cela à travers ces mots qui traduisent des réalités tellement riches de vie et d’amour. Voici ces mots: compréhensive, généreuse en tout, travaillante, aidante, amour de la vie, tu voulais donner toujours plus, une compagne aimante, une maman protectrice, compréhensive, de bon conseil, discrète, calme, créatrice d’harmonie, patiente, non exigeante, croyante, sereine…et bien sûr tout le reste qui était présent dans tout ton être.

 

Je crois que Jacqueline veux certainement que je vous dise merci aussi à vous qui l’avez accompagnée dans ce long passage qu’elle vient de traverser. Je pense à toi Guy, à vous deux Mathieu et William, à vous deux madame et monsieur Marcel, d’une façon spéciale à toi Pierrette, à toutes les autres personnes spécialement le personnel de la merveilleuse Maison Desjardins de Rivière-du-Loup.

 

C’est cette masse incommensurable d’amour qui m’habite et vous habite sûrement vous aussi que j’offre avec vous au Seigneur pendant cette célébration.

 

Voici maintenant des éléments de réponses aux grandes questions de Job qui sont les miennes, les vôtres probablement et que je traduis ainsi pour nous cet après-midi :

 

Pourquoi Jacqueline  est-elle partie? Qu’est-elle devenue?

 

Quand je lis et médite le passage de l’évangile que nous venons d’entendre, nous voyons un Jésus qui n’a pas joué à l’humain et qui est vraiment dépourvu lui aussi devant la mort de son ami Lazare.  Il pleure comme nous. Comme nous, il n’aime pas la mort. Il a été rempli de peur devant elle au dernier soir de sa vie, il désirait l’éviter. Il est avec nous cet après-midi dans notre chagrin, nos doutes et nos incompréhensions. C’est à nous qu’il dit :

 

« Moi, je suis la résurrection et la vie.

Celui ou celle qui croit en moi, même s’il meurt vivra;

Toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. »

 

Ces paroles revêtent une grande lumière à cause du matin de Pâques. Le Vendredi saint, tout semblait terminé. L’amour qu’il avait donné toute sa vie apparaissait comme n’avoir absolument servi à rien. Le monde nouveau qu’il avait annoncé était plongé dans les ténèbres. Mais voilà que les femmes qui étaient allées prendre soin de son corps pour une dernière fois ne le trouvèrent pas dans le tombeau. Elles le rencontrèrent tellement lumineux, plein de vie qu’elles ont éprouvé de la difficulté à le reconnaître. Cette vie nouvelle, difficile à croire est pourtant devenue réalité. Plusieurs personnes en ont témoigné. Pour plusieurs humains cette certitude qu’il y a quelque chose de plus grand et de plus lumineux que ce que nous voyons  les aide à vivre leur propre mort et celle d’êtres chers. C’est cette certitude que Job proclame à travers ces mots :

 

« Je sais moi que mon libérateur est vivant!

Avec mon corps je me tiendrai debout!

Avec mes yeux, je verrai Dieu!

Quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas de moi! »

 

Voilà l’espérance qui m’habite en pensant à Jacqueline. Voilà ce qui a sans doute inspiré Doris Lussier lorsqu’il écrit :

 

« Il est impossible d’autant aimer un être et de le perdre pour toujours. Ceux et celles que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont plus où ils étaient mais ils sont toujours et partout où nous sommes… »

 

Je prie sincèrement le Seigneur pour que cette espérance que Jacqueline sera toujours près de vous, vous réconforte et vous habite pour toujours.

 

Amen.

 

Hermel Lahey, ptre

Le 2 janvier 2017