Avec la permission de l'auteur, je souhaite publier ce texte inspirant qui a été lu par Mme Ginette Gagné au cours de la célébration du 10 septembre dernier. Geneviève Lemire, sec. Fabrique St-Cyprien.

Homélie du 10 septembre 2017.

(Bonne retraite à l’abbé Hermel Lahey)

Aujourd’hui, les lectures nous amènent à réfléchir sur l’évolution de l’Église à travers deux thèmes qui sont, à première vue, irréconciliable, en ce 21 ième siècle. D’une part, St-Paul nous invite à ne garder aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel… l’accomplissement de la Loi, c’est l’amour. Être en dette, c’est rendre moins qu ce que l’on reçoit… Le deuxième thème nous est proposé par St-Mathieu où il nous invite à amener son frère à dévoiler son péché en privé ou avec témoins ou devant la communauté sus peine d’en être exclus.

La séparation des pouvoirs civils et religieux n’a-t-elle pas été annoncée par Jésus lui-même : Donnez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César… Ainsi, je vais, basé sur ce qu’Hermel a été pour nous au cours des 10 dernières années, tenter de faire le point sur ces deux thèmes.

Hermel, par ses enseignements, nous a amené à nous servir de notre libre arbitre et nous laisse responsable de nos actes autant devant le Créateur que devant la justice des hommes. Il a supporté la démarche des personnes qui le consultaient, sans préjugé avec une ouverture et une

humanité qui le caractérisent. En cela, il a su ajuster ses interventions à l'évolution de notre société.

Ainsi, les conséquences humaines du manque d’amour ou d’amours mal assumées sont sous la responsabilité de la loi des hommes alors que le manque d’amour lui-même, trouvera solution dans l’amour et la Miséricorde de Dieu, un autre élément auquel Hermel nous a invités à partager avec lui, dans sa foi.

Comment démontrer notre amour aux autres? Ce n’est pas toujours facile. Encore ici, Hermel nous a montrés son sentier. Par son engagement, il a été un rassembleur. C’est toujours un peu gênant de ne rien faire pendant que le Pasteur contribue au ménage de l’église. Par ses interventions et son exemple, il a entraîné dans son sillage plusieurs bénévoles du secteur. On peut penser aux célébrations et fêtes des périodes de Noël et Pâques, aux célébrations des sacrements : baptêmes, mariages, funérailles, eucharistie, confirmation … De ces bénévoles, plusieurs demeureront au service de la communauté, en soutien aux prêtres qui prendront le relai dans 18 paroisses.

Pour que les projets se réalisent, il faut bien sûr l’amour mais, avec Hermel, il y a toujours une bonne dose de ténacité héritée, sans doute, de ses ancêtres écossais, irlandais et québécois.

Pour démontrer l’amour il faut faire preuve de créativité, en cela, Hermel ne manque ni de créativité ni d’imagination. Ses problèmes cardiaques l’ont un peu ralentis… certains diront : Dieu merci.

Ces dernières années, son approche et son adaptation à la modernité ont célébré l’esprit missionnaire avant que le virage n’en soit annoncé. Il n’est pas surprenant qu’il ait si rapidement incité les membres de notre communauté à nous investir à notre tour dans La mission.

Si St-Paul avait vécu aujourd’hui, ses lettres auraient sûrement été, comme les enseignements d’Hermel, sur Facebook, nous amenant, dans l’espérance, à s’entraider et se respecter les uns les autres… sur ce dernier point, notre mission est à renouveler, jour après jour…

Nous retiendrons aussi d’Hermel, sa grande humanité et sa sincérité dans ses rapports avec les paroissiens de tout le secteur des Belles-Vues.

Hermel prend sa retraite… dans les faits, il poursuit sa mission autrement et pour célébrer son passage dans notre communauté, le plus bel hommage que nous pouvons lui faire, c’est d’être des missionnaires dignes de ses enseignements, avec l’aide de Dieu, Amen.

Auteur: Roger Potvin.